La gestion des risques (3° Éd.)
Principes et pratiques

Auteurs :

Langue : Français
Date de parution :
Ouvrage 312 p. · 16.4x24 cm · Broché · 
ISBN : 9782746246775 EAN : 9782746246775
Hermes Science

· PDF : 65,00 € ·
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Cette nouvelle édition largement revue et augmentée met tout d’abord à jour les concepts de base inhérents à la gestion des risques. Puis, suivant l’ordre logique de création d’un système, les démarches de gestion des risques de projet, de la maîtrise des risques industriels et de la gestion financière des conséquences des risques sont expliquées et illustrées. Un accent particulier est mis sur la gestion des risques liés aux systèmes informatiques, car étant le cœur de tous les systèmes, ils sont de plus en plus contributeurs aux risques à maîtriser. Enfin, un véritable retour d’expérience et des exemples d’applications concrètes dans les secteurs spatiaux et offshore sont présentés, afin de consolider les concepts méthodologiques.
Ce livre s’adresse avant tout aux directeurs de la stratégie, aux directeurs techniques, aux directeurs financiers, aux directeurs de bureaux d’étude et chefs de services techniques, aux responsables produits, aux chefs de projet, aux risk managers, aux responsables sécurité et, d’une manière générale, à tous les membres d’une entreprise concernés de près ou de loin par le management des risques.
Préfaces à la 2e édition
Sigles et abréviations
Introduction
Chapitre 1 - Concepts préliminaires
1. Domaines de l’inconnaissable et du connaissable
2. Notions et définitions initiales
3. Concept de risque
4. Acceptabilité du risque
5. Processus de maîtrise des risques
Chapitre 2 - Démarche méthodologique des études de risque
1. Caractérisation des démarches 41
2. Typologie des méthodes d’analyse des risques
3. Présentation des principales méthodes d’analyse
Chapitre 3 - Principes et méthodes de gestion des risques industriels
1. Principes du management des risques
2. Démarche générale du management global des risques
3. Rôle et tâches du gestionnaire des risques
4. Plan de management des risques
Chapitre 4 - Maîtrise des risques industriels
1. Généralités
2. Démarche sécuritaire
3. Description des étapes de la démarche sécuritaire
4. Acceptation de la perte résiduelle
5. Exemples d’application de la démarche sécuritaire
Chapitre 5 - Management des risques projet
1. Rappel sur le financement sur projet
2. Rappels préliminaires
3. Démarche générale du management des risques projet
4. Processus de management des risques projet
5. Typologie des dangers génériques de projet
6. Exemples de tableaux d’analyse des risques
Chapitre 6 - Application à la gestion des risques d’un système industriel
1. Phase projet
2. Phase exploitation
Chapitre 7 - Gestion des risques informatiques
1. Généralités
2. Risques informatiques
3. Spécificités des systèmes programmés
4. Méthodologies employées pour les systèmes d’information
5. Méthodologies employées pour les systèmes scientifiques et techniques
6. Autres champs d’investigation
7. Gestion des risques du logiciel d’un projet spatial
8. Gestion des risques du logiciel d’un projet offshore
Chapitre 8 - Gestion financière des risques résiduels
1. Généralités et objectifs
2. Principes de base de l’assurance
3. Assurabilité d’un risque
4. Notions complémentaires
5. Risques de dommages aux biens
6. Risques de responsabilité civile
7. Autres risques
8. Risques offshore et spatial
Chapitre 9 - Retour d’expérience
1. Rôle du retour d’expérience
2. Gestion de l’expérience
3. Démarche de gestion du retour d’expérience
4. Exemples de formats de formulaires de retour d’expérience
Bibliographie
Index
Préfaces à la 2e édition

1 -

La maîtrise des risques est une aspiration humaine fondamentale, constitutive de l’Histoire et de l’organisation de nos sociétés. Aspiration souvent déçue, comme il est facile de s’en apercevoir. De nos jours, pourtant, ce souhait s’est singulièrement renforcé : les catastrophes industrielles sont de plus en plus mal acceptées ; un « principe de précaution » d’ailleurs mal défini sert de talisman aux hommes politiques ; les assurances et les cabinets d’avocats prospèrent ; les guerres elles- mêmes affichent (mais pas forcément pour toutes les parties en présence) l’objectif de « zéro mort » – ce qui est le comble paradoxal du management des risques…

Au départ, cela s’appelle tout simplement de la prudence et après tout, il n’y aurait pas de quoi en faire un livre, sinon d’inspiration sociologique. Mais aujourd’hui, c’est de bien plus que cela qu’il s’agit. Le risque étant inhérent à l’activité humaine, toute la question est de savoir comment le découvrir, l’appréhender, l’anticiper, le quantifier, et ceci étant fait, prendre les décisions correspondantes, afin, non pas d’éliminer le risque – vaine gageure et stérilisation garantie de l’initiative – mais de le gérer.

Gérer : en éliminer certains, en réduire d’autres, et aussi, ne l’oublions pas, en accepter quelques- uns mais en toute connaissance de cause.

L’application de la gestion des risques aux processus industriels et aux produits n’est pas nouvelle en soi. Elle remonte à plusieurs décennies et s’est traduite notamment par les outils de la sûreté de fonctionnement. Celle- ci a fait ses preuves dans le domaine du nucléaire et du spatial en particulier. C’est bien entendu dès la phase initiale de conception que la sûreté de fonctionnement doit s’appliquer ; mais à l’origine, elle ne vise pas à contrôler ce processus de conception lui- même. Or désormais, c’est aussi à une « sûreté de développement » qu’il faut tendre, en étant conscient de la difficulté encore plus grande de l’exercice, qui consiste en partie à gérer l’incertain, en tous cas lorsqu’il s’agit de projets innovants.

Les grands programmes industriels nécessitent, par leur ampleur, une maîtrise de la complexité qui passe par l’identification des risques et leur quantification dans les termes classiques de performance, de coût et de délai. Longtemps intuitive, cette démarche est désormais entrée, un peu partout, dans une phase de formalisation, où l’on cherche à mettre en oeuvre des méthodes qui soient à la fois conceptualisées et concrètes, c’est- à- dire applicables. Ainsi, la gestion des risques devient partie intégrante de la gestion de projet en général. Les grands programmes, Alain Desroches les connaît de près. Ingénieur à la direction des lanceurs du Centre national d’études spatiales, il y est un acteur majeur des analyses de sûreté de fonctionnement et des analyses de risques Projet qui président à la réalisation des programmes spatiaux. À la fois pédagogue et homme de terrain, il était parfaitement bien placé pour exposer les méthodes qu’il a expérimentées lui- même et parfois conçues, en sachant en montrer tout à la fois les limites d’application et la pertinence.

Éric Dautriat
Directeur des lanceurs
Centre national d’études spatiales

2 -

Cet ouvrage apporte une contribution nécessaire à la construction de la science du risque dont, en tant que cindynicien, je suis attaché au développement et à la mise en pratique.

Les grands accidents technologiques (Tchernobyl, Bhopal, Seveso) et plus récent et proche celui de Toulouse, le naufrage du Prestige après celui de l’Erika avec toutes leurs conséquences humaines, écologiques, économiques et sociales, ont amené bien des turbulences dans notre société ; ils ont fortement perturbé ce difficile équilibre que, dans une dynamique de progrès, science et technique veulent assurer en l’associant à un nécessaire contrôle réglementaire.

Face à ces chocs, la confiance du public vis- à- vis des scientifiques et des décideurs et gestionnaires des risques (qu’ils soient publics ou privés) est remise en cause ; la réaction des cindyniciens se doit d’être à deux niveaux :
– améliorer les outils d’évaluation des risques ;
– donner aux décideurs les éléments qui leur permettent une gestion avisée des risques.

C’est aux progrès à réaliser à ces deux niveaux que vient contribuer cet ouvrage. Ses auteurs ont bien vu que pour améliorer les outils d’évaluation des risques, il nous faut tenir compte d’un contexte où les innovations technologiques tiennent une place qu’elles n’ont jamais tenu auparavant, du moins avec cette ampleur et cette rapidité. Ces innovations s’intègrent dans des systèmes de plus en plus complexes où l’informatique est omniprésente et où les facteurs humains, organisationnels et économiques jouent un rôle important et encore insuffisamment pris en compte.

Dans ces neuf chapitres, Alain Desroches, Alain Leroy et Frédérique Vallée apportent les fondements méthodologiques et les éléments de gestion issus de la pratique d’évaluation des risques de systèmes complexes ; ils montrent également le rôle important que joue le retour d’expérience s’il est recueilli et analysé dans les règles de l’art. Il s’agit bien là de promouvoir une démarche d’innovation qui intègre les facteurs technologiques, humains, économiques et environnementaux.

Merci aux auteurs de nous proposer des outils et des méthodes présentés dans un langage simple et accessible aux praticiens et à tous ceux qui veulent contribuer au développement d’une « société du risque » plus efficace dans sa gestion et par là même plus sereine et plus confiante.

Jean- François Raffoux
Directeur scientifique de l’Institut national de l’environnement
et des risques industriels (INERIS)

3 -

Pour répondre au besoin croissant des sociétés modernes à évoluer en situation minimale de danger, le management des risques est devenu, depuis plusieurs années, une activité complémentaire et incontournable des activités d’ingénierie dans un projet ou d’exploitation d’un système opérationnel. La recherche de la sûreté des installations ou produits industriels et de la sécurité des personnes et des biens qui en résulte font désormais partie de la vie quotidienne de chaque citoyen.

Les concepteurs qui étudient et développent ces installations indispensables à nos activités sont, pour l’essentiel, des ingénieurs. Leurs larges compétences scientifiques et techniques, leurs méthodologies rigoureuses et performantes sont des atouts incontestables. On peut toutefois regretter que l’abus de la logique déductive dans leur formation et plus généralement dans la sélection des intelligences en France induise une culture excessive des certitudes dans les esprits au détriment d’une approche critique et innovante. Pour pallier ce fait, le développement des activités de recherche dans les écoles d’ingénieurs a permis de développer chez les élèves l’« apprentissage du doute », seul capable de modérer l’absolutisme de la démarche du général au particulier. C’est dans cet esprit que l’École centrale Paris a créé dès 1987 une formation de mastère spécialisé en « Sûreté et prévention des risques technologiques » qui permet à des ingénieurs de parfaire leur culture de base par une formation axée sur la sécurité et la sûreté des systèmes. Plus récemment, pour concrétiser un rapprochement entre le monde de l’ingénieur et le monde du médecin et plus globalement de la santé, l’ECP a créé un mastère spécialisé en « Gestion des risques et de la sécurité des établissements et réseaux de santé » dont Alain Desroches assure la codirection avec un médecin de santé publique.

La gestion des risques nécessite d’acquérir un état d’esprit qui accepte de prendre en compte dans sa démarche l’incertitude et les événements redoutés, associés principalement au hasard afin d’en mesurer les impacts et de prendre les actions de maîtrise qui doivent s’imposer. L’ouvrage d’A.Desroches,  A. Leroy et F. Vallée présente de façon pédagogique, claire, structurée, pratique et documentée le processus de gestion des risques industriels et les techniques d’analyse associées. Il sera un support précieux tant au niveau de la réflexion que des méthodes pour tous les ingénieurs et plus globalement toutes les personnes, débutantes ou expérimentées, amenées à entreprendre une démarche de gestion des risques dans un panel très ouvert d’activités.

Daniel Gourisse
Directeur de l’École centrale Paris
Directeurs techniques, directeurs financiers, directeurs de bureaux d’étude et chefs de services techniques, responsables produits, chefs de projet, risk managers, responsables sécurité.
• Alain Desroches est professeur à l’École centrale Paris. Il a été expert en sûreté de fonctionnement et gestion des risques au Centre national d’études spatiales (CNES) et membre du conseil scientifique de l’Institut national de l’environnement industriel et des risques (INERIS)
• Alain Leroy, après 15 ans dans l’industrie pétrolière et 10 ans dans les assurances, fonda FRACTAL SYSTÈME, une société spécialisée en études de disponibilité. Il est maintenant expert en analyse et management des risques industriels.
• Frédérique Vallée est ingénieur expert en sûreté de fonctionnement des systèmes programmés. Elle est présidente du chapitre français de la société Reliability de l’IEEE et expert auprès de la Commission européenne pour les projets de génie logiciel et de sûreté de fonctionnement. Elle est directeur général adjoint de la société ALL4TEC.