Analyse globale des risques (2° Éd.)
Principes et pratiques

Auteurs :

Langue : Français
Date de parution :
Ouvrage 416 p. · 16.4x24 cm · Broché · 
ISBN : 9782746247185 EAN : 9782746247185
Hermes Science

· PDF : 95,00 € ·
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L’analyse globale des risques (AGR) a été développée vers la fin des années 1990. Après lui avoir donné initialement le nom d’APR dans la première édition qui se révélait trop restreint, cette méthode a été renommée AGR en 2013 car elle en est éloignée tant par son champ d’application plus vaste que par son processus. De fait, l’AGR est une méthode structurée qui a pour objectif l’identification, l’évaluation, la hiérarchisation et la maîtrise des risques structurels, fonctionnels et conjoncturels consécutifs à l’exposition d’un système à un ensemble de dangers tout au long de sa mission ou de son cycle de vie.

Après des rappels terminologiques et conceptuels sur les risques, cet ouvrage présente les principes et méthodes de l’AGR permettant de construire la cartographie des situations dangereuses, d’élaborer les cartographies des risques et les diagrammes de décision, d’évaluer les coûts moyens associés et les rapports bénéfices/risques et de réaliser les allocations d’objectifs quantifiés de risques.

Des exemples d’applications et de mises en œuvre sont ensuite présentés dans les secteurs industriels, environnementaux et sanitaires. (Exemples d’applications supplémentaires disponibles en ligne)
Préfaces
Remerciements
Sigles et abréviations

Chapitre 1
Historique et introduction

Partie 1 — Rappels préliminaires, principes et méthode de l’AGR

Chapitre 2
Terminologie et concepts
1. Rappels terminologiques
2. Paramètres d’évaluation du risque
3. Eléments de décision
4. Processus de management des risques
5. Traitement des risques initiaux
6. Traitement des risques résiduels
7. Cartographies des risques d’une activité
8. Allocation d’objectifs de risque acceptables
9. Cibles impactées

Chapitre 3
Généralités sur l’AGR
1. Nature, but et logique de l’AGR
2. Processus fonctionnel de l’AGR
3. Logigramme de l’AGR
4. Organisation et planification de l’AGR
5. Conseils pour une bonne pratique de l’AGR
6. Valorisation de l’AGR
7. Réactualisation de l’AGR

Chapitre 4
AGR système
1. Description et modélisation du système
2. Cartographie des dangers
3. Construction de la cartographie des situations dangereuses
4. Réactualisation de l’AGR système
5. Conseils pour la réalisation de l’AGR système

Chapitre 5
AGR scénarios
1. Éléments d’évaluation
2. Éléments de décision
3. Réalisation de l’AGR scénarios
4. Sorties et résultats de l’AGR scénarios
5. Réactualisation de l’AGR scénarios
6. Conseils pour la réalisation de l’AGR scénarios

Chapitre 6
AGR scénarios/danger et AGR scénarios/système
1. Synthèse des données et des résultats d’analyse
2. AGR scénarios/danger et AGR scénarios/système
3. Résultats par élément système et par danger

Chapitre 7
Cartographies des risques et diagrammes de décision
1. Cartographie des risques par situation dangereuse
2. Diagramme de Kiviat
3. Diagramme de Farmer
4. Diagramme de décision

Chapitre 8
Bilan et traitement financier des risques
1. Évaluation des résultats financiers
2. Application à l’exemple pilote

Chapitre 9
Valorisation de l’AGR
1. Plan d’actions de réduction des risques
2. Catalogue des paramètres de sécurité
3. Allocations d’objectifs quantifiés

Partie 2 — Exemples pratiques dans le secteur industriel

Chapitre 10
Exemples d’analyse globale de risque dans le secteur industriel
1. Évaluation des risques d’activités déroulées sur souches virales en laboratoire biologique confinée de niveau L4
2. Évaluation des risques d’activités déroulées sur banc d’essais en laboratoire de chimie

Chapitre 11
Cartographie et gestion des risques d’activités déroulées sur souches virales en laboratoire biologique confiné de niveau L43
1. Décomposition fonctionnelle
2. Cartographie des dangers
3. Cartographie des situations dangereuses
4. Élaboration des échelles d’analyse
5. Synthèse des résultats

Chapitre 12
Cartographie et gestion des risques d’activités déroulées sur banc d’essais en laboratoire de chimie
1. Décomposition fonctionnelle
2. Cartographie des dangers
3. Cartographie des situations dangereuses
4. Élaboration des échelles d’analyse
5. Synthèse des résultats

Partie 3 — Exemples pratiques dans le secteur de l’environnement

Chapitre 13
Risques environnementaux
1. Développement durable
2. Millenium Ecosystem Assessment et approche écosystémique des services rendus
3. Approche économique des risques environnementaux
4. Assurance des risques environnementaux
5. Approche réglementaire en France
6. Intérêt de l’AGR pour aborder les risques environnementaux

Chapitre 14
Cartographie et gestion des risques environnementaux d’un parc éolien
1. Changements climatiques et nécessité d’une transition énergétique
2. Énergies renouvelables et production éolienne en France
3. Système de production électrique éolien
4. Développement d’un projet éolien et étude d’impact
5. Analyse des risques environnementaux d’un projet de parc éolien par l’AGR
6. Cartographies des risques par dangers
7. Cartographies des risques au niveau système
8. Cartographies des risques par cibles d’impact
9. Gestion des risques
10. Conclusion

Chapitre 15
Cartographie et gestion des risques appliquées à la conservation de la biodiversité : exemple du saumon atlantique
1. L’AGR appliquée aux risques écologiques
2. Le cas du saumon atlantique (Salmo salar)
3. Conclusion

Partie 4 — Exemples pratiques dans le secteur sanitaire

Chapitre 16
Problématique du secteur sanitaire
1. Activité hospitalière
2. Cartographie des dangers dans un établissement de santé

Chapitre 17
Cartographie et gestion des risques en radiothérapie externe dans un établissement de santé
1. Description du processus patient en radiothérapie
2. Mise en œuvre pratique de l’AGR
3. Analyse des résultats de l’AGR
4. Conclusion générale

Chapitre 18
Cartographie et gestion des risques du circuit du médicament dans un établissement de santé
1. Description du processus du circuit du médicament
2. Mise en œuvre pratique de l’AGR
3. Analyse des résultats de l’AGR
4. Conclusion générale

Annexe
Formats de support
1. Format de support de l’AGR scénarios sans impact
2. Format de support de l’AGR scénarios avec impact
3. Format de support de l’AGRq scénarios sans impact

Bibliographie
Index

(Chapitres 10, 11, 13, 14, 16, 17 téléchargeables sur internet)

Si la gestion des risques dans sa définition moderne trouve ses racines dans les domaines militaire et industriel, l’hôpital, du fait de ses missions, a toujours intégré la notion de risque et, même si les méthodes n’en étaient pas modélisées, les établissements de santé ont été pionniers dans leur appréhension et leur maîtrise. Les risques y sont en effet multiples et concernent à la fois les patients, les personnels, la structure et les équipements.

La notion de risque est particulièrement aigüe en cancérologie, puisque l’efficacité des traitements utilisés, notamment les chimiothérapies et la radiothérapie, reposent sur leur potentiel toxique pour les cellules cancéreuses. Les centres de lutte contre le cancer (CLCC) ont donc, dès leur origine appris à contrôler ces risques, pour les patients et pour les personnels, et ont développé une approche globale de la sécurité et de la qualité. Ils y ont inclus la dimension financière, conscients que leur équilibre conditionne les investissements et la recherche indispensables à l’amélioration des traitements. Les CLCC ont travaillé sur trois types de leviers pour développer une approche globale des risques : une analyse et une anticipation des événements indésirables, une démarche centrée sur la qualité, et une gestion intégrée au management. L’analyse des événements indésirables a permis de se doter d’une base d’information indispensable pour pouvoir réaliser des analyses de risques a priori. Parmi les méthodes utilisées, la méthode d’analyse globale des risques décrite dans cet ouvrage a été déployée à Gustave- Roussy par Nadia Aguini dans plusieurs secteurs dont le circuit de chimiothérapie en ambulatoire adulte, la radiothérapie externe, la curiethérapie. Cette méthode a permis d’impliquer l’ensemble des professionnels et de fédérer les différents secteurs impliqués pour travailler sur des sujets transversaux tels que l’amélioration de l’organisation entre l’hôpital de jour adulte, la pharmacie et la direction des systèmes d’information. Actuellement, nous déployons cette méthodologie pour les risques infectieux et l’hématologie.

En cohérence avec la recherche de sécurité, les politiques de qualité sont venues enrichir cette approche pour dépasser la notion de risque et se centrer sur la qualité des soins, la qualité de l’accueil du patient et de l’ensemble de sa prise en charge, la qualité de vie au travail des personnels, la performance des équipements et l’efficience de la gestion.

Le droit hospitalier a accompagné ces évolutions en reconnaissant la notion de responsabilité sans faute : pour travailler sur l’analyse des risques, il est essentiel de permettre aux professionnels de déclarer les événements indésirables, et cela n’est possible que si on cherche à comprendre le dysfonctionnement et non à trouver un coupable. De même, la reconnaissance de l’erreur médicale permet de dissocier l’indemnisation des victimes de l’identification d’une faute : le législateur a ainsi donné un cadre plus apaisé pour travailler sur le risque.

À l’hôpital, une approche holistique de la qualité se construit collectivement, par une culture partagée au sein des équipes et entre les métiers, pour que l’ensemble des équipes médico- soignantes et des directions techniques soient au service de l’amélioration de la sécurité et de la qualité des soins. Ainsi, la recherche de la qualité conduit les professionnels à s’impliquer dans toutes ses dimensions, dans un cadre de responsabilités partagées et assumées. Cet objectif commun devient lui- même un puissant levier de management et de performance de l’établissement. 

Charles Guepratte
Directeur général adjoint de l’Institut Gustave-Roussy, Villejuif


L’analyse des risques, et en particulier la capacité à anticiper les risques inhérents aux projets auxquels il contribue, fait désormais partie du bagage de tout ingénieur. Cela tient, de notre point de vue, à la complexification sans cesse croissante des problèmes qui lui sont posés, dans un environnement de plus en plus instable et incertain où l’exigence de résultats est toujours plus grande.

En outre l’analyse des risques répond à une forte demande sociale. L’émergence des concepts du développement durable, en particulier du principe de précaution, et la tendance forte à la « judiciarisation » de la société conduisent nécessairement l’ingénieur à prendre toutes les précautions voulues pour éviter des aléas qui pourraient avoir des conséquences sociales fâcheuses et mettre en cause sa responsabilité technique et managériale et celle de son entreprise.

Si elle augmente, bien sûr, les chances de succès d’un projet, l’analyse des risques est donc souvent perçue comme une discipline à caractère « défensif », limitant le champ des possibles et dans laquelle l’ingénieur chercherait surtout à réduire sa responsabilité.

Cette façon de voir occulte complètement le versant positif et constructif de l’analyse des risques : elle est à l’inverse un formidable outil pour prendre des risques. Or, la prise de risques correctement anticipés est dès à présent et sera de plus en plus décisive à l’échelle de l’entreprise mais aussi à l’échelle de l’humanité toute entière. C’est désormais une banalité de dire que, pour créer de la valeur et de l’emploi, les entreprises devront être de plus en plus innovantes. Beaucoup d’innovations seront d’ailleurs portées par des entreprises naissantes, processus en lui-même innovant. Or, nous le savons, il n’y a pas de véritable innovation sans véritable prise de risque. À l’échelle de l’humanité, les générations montantes auront à faire face à des problèmes d’une ampleur et d’une gravité qu’aucune génération avant les leur n’a eu à affronter. Il leur faudra construire une société acceptable non plus pour six mais pour neuf milliards d’humains, tout en déjouant les lourdes menaces, notamment écologiques, qui pèsent sur la planète. La plupart des problèmes posés par le développement durable auront des solutions à caractère technique. Là aussi, les ingénieurs devront donc concevoir, mettre en œuvre et faire accepter des solutions de plus en plus innovantes.

C’est pourquoi la gestion des risques sous tous ses aspects sera l’une des disciplines majeures du XXIe siècle et l’Analyse globale des risques présentée de façon didactique dans l’ouvrage coordonné par le professeur Alain Desroches est l’un des outils indispensable, non seulement au processus de décision mais aussi et surtout au processus d’innovation. Hervé Biausser Directeur de Centrale- Supélec, Paris 

Dans l’ouvrage consacré à la cindynique (maîtrise des risques) sous la direction du Professeur Alain Desroches, Sébastien Delmotte a pris en charge la partie consacrée à l’Analyse Globale des Risques environnementaux.

Au-delà du chapeau général, il développe deux exemples, l’un sur les risques liés à l’implantation d’un parc éolien et l’autre sur la conservation des espèces et des écosystèmes en choisissant le saumon Atlantique (Salmo salar) comme espèce type. Ayant travaillé auprès des chercheurs de la station salmonicole de l’ONEMA à Eu (Seine- Maritime) qui disposent de données statistiques sur près de trente années concernant les salmonidés migrateurs transitant par la station, Sébastien Delmotte, lui- même statisticien, a disposé d’un excellent « matériau » pour se pencher sur les risques environnementaux touchant singulièrement le saumon atlantique. Un grand chemin a été parcouru depuis les années 1970 alors que les stratégies d’aménagement des milieux aquatiques tentaient de se baser sur le concept de rendement maximum supportable (RMS) issu des modèles de Ricker (1958) puis de Beverton et Holt (1975), avec les restrictions liées à l’ignorance du poids des paramètres autres que biologiques (J. Arrignon, 1981).

L’actualité de l’ouvrage se manifeste dans le chapitre « Généralités » « La nature multidimensionnelle de l’environnement d’un système se traduit dans l’AGR par la prise en compte des dangers externes qui peuvent être naturels, technologiques, politiques, économiques, commerciaux, sociaux, sanitaires » : on voit ainsi le chemin parcouru en 50 années.

L’exemple du saumon atlantique est particulièrement bien choisi dans la mesure où il démontre de façon très claire la difficulté de l’accession aux connaissances biologiques indispensables à l’établissement de l’AGR. Établir la carte des risques encourus par cette espèce se heurte en effet dans le temps et dans l’espace à une complexité coûteuse en recherches et, conséquemment, en argent. Un exemple : le risque lié à la prédation sur l’espèce demanderait que soit finement étudiée la dynamique de la population des cormorans (Phalacrocorax sinensis) qui, parfois, font plus que décimer les concentrations de smolts se préparant physiologiquement à entrer en mer. Or, l’espèce, également migratrice, venant du Nord a un avenir perturbé ; elle a tendance à se sédentariser au niveau de ses aires trophiques ; la dynamique de ses populations est difficile à appréhender, son degré de prédation également ; en outre, elle n’est pas le seul risque biologique affectant les populations de saumons au cours de leurs déplacements.

Dans sa conclusion, Sébastien Delmotte a donc bien raison d’annoncer son exemple comme « un outil d’aide à la réflexion sur l’utilisation des connaissances dans le processus de décision » et, à cet égard, il a des vertus pédagogiques. Vouloir aller au bout de l’analyse des risques touchant une ressource biologique pour en déterminer dans le temps la gestion la plus raisonnable conduirait présentement à des investissements en énergie et en moyens financiers incompatibles avec le retour espéré, qui est l’objectif final de toute demande d’étude des risques s’appliquant à une gestion. Concernant cet aspect, l’avenir apportera, à n’en pas douter, des réponses qui, actuellement, manquent.

Au-delà de visions intéressantes, il faut féliciter l’auteur pour son travail rigoureux, exprimé en termes clairs ; il est en outre illustré et éclairé par de nombreux diagrammes et tableaux. Il s’agit d’un outil qui aidera les prévisionnistes. 

Jacques Arrignon
Membre émérite de l’Académie d’Agriculture de France 

Toute activité humaine présente des risques et le domaine spatial n’en est pas exempt. Je partage avec le Professeur Alain Desroches une culture spatiale qui a dû, très tôt, maîtriser les risques. Je peux citer quelques vérités qui guident entre autres une bonne partie de la démarche spatiale depuis les années 1960 :
– une fusée, une fois qu’elle a décollé, ne peut être arrêtée que par destruction ;
– un satellite dans l’espace est soumis à de fortes contraintes (thermique, radiations…) et il n’est pas réparable. Sa durée de vie est comprise entre 10 et 20 ans ;
– les enjeux financiers, sociétaux et de souveraineté sont considérables.

Le poids financier d’un projet spatial peut se mesurer au prix du kilo placé en orbite. Il varie de 10 k€/kg à 2 M€/kg, voire plus pour les plus complexes. Aussi, bien souvent, la prise de risque sera inversement proportionnelle au coût. Tout l’art du chef de projet consiste à définir le bon équilibre entre les coûts, les délais et les performances.

En tant que décideur de type « go » ou « no go », j’ai besoin de savoir que les risques ont été analysés, les actions en réduction de risque, menées et les risques résiduels maîtrisés, le risque zéro n’existant pas dans nos métiers. Ma phrase fétiche est : « je sais qu’il y a des trous dans la raquette ; je veux savoir où ils sont et quelle taille ils ont ».

Pour cela, l’analyse globale des risques (AGR) est un outil précieux. Cette méthodologie permet d’éviter d’un côté l’excès de précaution que l’on ne sait pas financer et de l’autre une catastrophe non anticipée. 

Dr Marc Pircher, Directeur du Centre spatial de Toulouse du CNES 


La vie est un risque ! Dès notre naissance et tout au long de notre vie nous prenons tous des risques, consciemment ou non, et en les accompagnant éventuellement de mesures préventives, ou non.

Dans le domaine de l’aéronautique, la notion du risque est omniprésente : voler sur un engin plus lourd que l’air, donc affronter Newton – être assis sur du carburant qui alimente des moteurs, donc affronter le risque de fuite sur des parties chaudes des moteurs – être confiné dans une cabine à une pression plus forte que la pression extérieure, donc craindre le risque de dépressurisation explosive – perdre tous les circuits hydrauliques, donc faire face à un pilotage des plus compliqués en n’ayant que la seule poussée des moteurs pour agir à la fois sur les axes longitudinal et latéral – faire une approche aux instruments en condition de visibilité très réduite, donc affronter la panne des moyens de navigation –, etc.

Concorde a certainement été le véritable point de départ de la méthode structurée de gestion des pannes avions, méthode encore employée aujourd’hui et enrichie des multiples programmes aéronautiques post- Concorde.

Le principe consiste à classifier les pannes selon leurs conséquences, et à définir une probabilité d’occurrence acceptable, limite maximale qui ne doit pas être atteinte selon la catégorie de la panne.

Bien évidemment une telle méthode, comme toute autre méthode de gestion du risque, repose inévitablement sur des prérequis. La certification et le maintien de navigabilité des aéronefs reposent sur les principaux prérequis suivants : – l’avion et des moteurs conçus et certifiés selon les normes applicables ; – l’environnement d’exploitation de l’avion fiable (allant des services du contrôle en vol, aux services de l’information météo, aux moyens de navigation sol, en passant par les infrastructures aéroportuaires, etc.) ; – le suivi de chaque avion individuellement selon un programme de maintenance approuvé ; – la qualification et le maintien des compétences des différents acteurs (pilotes, personnels de maintenance, etc.).

Si l’un de ces prérequis n’était plus satisfait, c’est bien l’édifice de classification des pannes et donc des risques qui s’en trouverait mis à mal. Une panne ainsi classifiée « major » pourrait devenir « hazardous », voire « castatrophic » dans le jargon de référence utilisé dans le domaine aéronautique.

L’un des challenges de la gestion des risques consiste donc à s’assurer que les hypothèses sur lesquelles reposent ces prérequis demeures valides. Certaines d’entreelle revêtent un double challenge puisqu’elles s’inscrivent également dans un contexte multiculturel international. C’est le cas en effet des personnels navigants techniques desquels on attend une réponse face à telle ou telle situation qui soit homogène que l’avion soit piloté par un européen, un chinois, un africain, un américain, un asiatique.

Nous ne pouvons donc que soutenir tous travaux tels que ceux du Professeur Alain Desroches qui permettent de rendre plus robuste les méthodes de gestion des risques. Les six exemples pratiques d’application dans les domaines industriels, environnementaux et sanitaires en montrent la pertinence.

Pour conclure je me permets d’émettre bien modestement quelques vœux : Que notre Société prenne garde à une juste application du principe de précaution quand bien même celui- ci a sa raison d’être. Poussé à l’extrême un tel principe pourrait devenir un obstacle à l’innovation. En effet, qui dit innovation, dit faible expérience comparativement à des systèmes éprouvés, et donc implique une prise de risque potentiellement accrue, et ce alors même que notre société aspire à toujours plus d’innovation. Que la culture de la gestion des risques soit progressivement inculquée dès le cycle scolaire. C’est probablement un moyen d’augmenter les chances d’une prise de conscience que le risque est inhérent à la nature humaine. 

Yannick Malinge
Directeur de la sécurité des vols, Airbus Industrie 
Gestionnaires de risques, responsables qualité, chefs de projet et responsables d’activité à fort potentiel de risque.
Alain DESROCHES est professeur à l’École Centrale Supélec. Il a été expert en sûreté de fonctionnement et gestion des risques au Centre national d’études spatiales (CNES), ancien président de la commission Risques accidentels et membre du conseil scientifique de l’Institut national de l’environnement industriel et des risques (INERIS),

Nadia AGUINI est coordonnateur des risques associés aux soins au Centre de lutte contre le cancer Gustave Roussy.

Michel DADOUN est ingénieur consultant, expert en management global des risques.

Sébastien DELMOTTE, docteur en sciences et gérant associé de la société MAD-Environnement, est consultant, enseignant et spécialiste en modélisation et en management des risques environnementaux.